« À 17 ANS J'AI ACHETÉ UN APAREIL PHOTO.
J'AVAIS FAIT UN DESSIN ET JE L'AI PHOTOGRAPHIÉ.
J'AI DÉCHIRÉ LE DESSIN, J'AI GARDÉ LA PHOTO. »

GEORGES ROUSSE, Film de Christophe Loizillon, CNAP 1985


EMILIE MOUTSIS produit des Hupomnêmata*
qui interrogent les liens unissant l’intime et le politique. 


Ses propositions, dont elle est autrice et objet, s’ajoutent à la surabondance visuelle.

Influences

“J’ai toujours pensé qu’il était un peu idiot de travailler pour gagner sa vie. J’ai préféré vivre une vie artistique plutôt que de créer des oeuvres artistiques”

Marcel Duchamp

*Les hupomnêmata, au sens technique, pouvaient être des livres de compte, des registres publics, des carnets individuels servant d’aide-mémoire. Leur usage comme livre de vie, guide de conduite semble être devenu chose courante dans tout un public cultivé. On y consignait des citations, des fragments d’ouvrages, des exemples et des actions dont on avait été témoin ou dont on avait lu le récit, des réflexions ou des raisonnements qu’on avait entendu ou qui étaient venus à l’esprit. Ils constituaient une mémoire matérielle des choses lues, entendues ou pensées ; ils les offraient ainsi comme un trésor accumulé à la relecture et la méditation ultérieures. [...] Il ne faudrait pas envisager ces hupomnêmata comme un simple support de mémoire, qu’on pourrait consulter de temps à autre, si l’occasion se présentait. Ils ne sont pas destinés à se substituer au souvenir éventuellement défaillant. Ils constituent plutôt un matériel et un cadre pour des exercices à effectuer fréquemment : lire, relire, méditer, s’entretennir avec soi-même et avec d’autres, etc. Et cela afin de les avoir, selon une expression qui revient souvent, prokheiron, ad manum, in promptu. « Sous la main » donc, non pas simplement au sens où on pourrait les rappeler à la conscience, mais au sens où on doit pouvoir les utiliser, aussitôt qu’il en est besoin, dans l’action. Il s’agit de se constituer un logos bioèthikos, un équipement de discours secourables, susceptibles - comme le dit Plutarque - d’élever eux-mêmes la voix et de faire taire les passions comme un maître qui d’un mot apaise le grondement des chiens. [...] Aussi personnels qu’ils soient, ces hupomnêmata ne doivent pas être compris comme des journaux intimes, ou comme ces récits d’expérience sprituelle (tentations, luttes, chutes et victoires) qu’on pourra trouver dans la littérature chrétienne ultérieure. Ils ne constituent pas un « récit de soi-même » ; ils n’ont pas pour objectif de faire venir à la lumière du jour les arcana conscientiae dont l’aveu - oral ou écrit - a valeur purificatrice. Le mouvement qu’ils cherchent à effectuer est inverse de celui-là : il s’agit non de poursuivre l’indicible, non de révéler le caché, non de dire le non-dit, mais de capter au contraire le déjà-dit ; rassembler ce qu’on a pu entendre ou lire, et cela pour une fin qui n’est rien de moins que la constitution de soi."

Sources :
Foucault, L’écriture de soi, Corps écrits n° 5, février 1983, pp. 3-23, reproduit in Dits et écrits, volume IV, Gallimard.
récupéré de Varia le carnet web personnel de Mickaël Simon








“Et donc, j’ai fait de mon corps et de mon esprit, de ma monstruosité, de mon désir et de ma transition, un spectacle public : j’avais encore trouvé une issue. [...] Disons que je n’avais pas d’autre voie, toujours à supposer qu’il ne s’agissait pas de choisir la liberté, mais de la

fabriquer


Paul B Preciado Je suis un monstre qui vous parle







“Pour échapper au réalisme de la structure qui hypostasie les systèmes de relations objectives en les convertissant en totalités déjà constituées en dehors de l’histoire de l’individu et de l’histoire du groupe, il faut [… aller à] la dialectique de l’intériorité et de l’extériorité, c’est-à-dire de l’intériorisation de l’extériorité et de l’extériorisation de l’intériorité.”

Pierre Bourdieu Esquisse d’une théorie de la pratique

Il existe donc une relation dialectique entre les structures sociales et les agents subjectifs individuels.